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Chapelle des Crêts, 25 janvier 2014 - Méditation autour du concept du pardon.

Chez l’Epistle de Paul aux Ephésiens nous lisons sur le pardon de Dieu:

En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce (Ephésiens 1, 7)

Et ensuite sur le pardon entre les hommes :
Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ (Ephésiens 4, 32).

Il y a maintes leçons et paraboles dans les Evangiles.  Ce soir j’aimerais revenir sur la femme adultère.  Permetez moi de lire le court passage dans Jean, chapître 8, versets 1-11

Jésus se rendit au mont des Oliviers.
2 Mais dès le matin il revint dans le temple et tout le peuple s'approcha de lui. Il s'assit et se mit à les enseigner.
3 Alors les spécialistes de la loi et les pharisiens amenèrent une femme surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent au milieu de la foule
4 et dirent à Jésus: «Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu?»
6 Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l'accuser.
Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol.
7 Comme ils continuaient à l'interroger, il se redressa et leur dit:

«Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.»

8 Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.

9 Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu'aux derniers; Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.

10 Alors il se redressa et, ne voyant plus qu'elle, il lui dit:

«Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a donc condamnée?»
11 Elle répondit:
«Personne, Seigneur.»
Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas; vas-y et désormais ne pèche plus.»

A mon avis, il y a peu de textes dans l’Evangile qui nous enseigne autant avec tellement peu de mots.  Ici, il y a l’appellation à certains aspects de la loi de Moïse, aspects qui déjà à l’époque de Jésus auraient du être obsolètes.

Nous remarquons d’ailleurs que la loi prévoyait la punition pas seulement de la femme, mais également de l’homme.  Pourtant les spécialistes de la loi ont présenté à Jésus seulement la femme pour la faire lapider. On se demande, où reste l’homme adultère ? La loi s’applique sans discrimination et ne doit pas être utilisée pour punir l’une en permettant l’impunité à l’autre.  Cependant, l’Evangile ne nous informe davantage. 

Nous pouvons sentir l’atmosphère de violence.  La femme a été sans doute amenée au Christ par la force, probablement à coup de pieds et de bâtons. 

Dans cette atmosphère de violence, Jésus ne contredit les spécialistes de la loi, ne les provoque pas, il n’augmente pas la tension, n’ajoute pas huile dans le feu. Il s’abaisse et donne même son dos aux spécialistes.  Il commence à écrire sur le sol.  Nous ne savons pas ce qu’il écrit – mais le geste – le body language – nous interpelle.

D’abord il montre aux spécialistes qu’il n’est pas juge, que ce ne pas sa fonction de prononcer sentence contre la femme adultère.  Et lorsque les pharisiens insistent, il tourne les tables,  En lieu de donner une réponse légaliste ou sophiste à leurs questions, il fait un remarque, met la responsabilité sur eux et leur conscience : « Que celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre »
 
Nous pensons tout de suite à l’Evangile de Matthieu, Chapitre 7, « Ne jugez point afin de n’être point jugés, car de la façon dont vous jugez, vous serez jugés, et avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré.  Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne remarques-tu-la poutre qui est dans ton œil ? » (versets 1-3)

Comme point de réflexion j’aimerais me pencher sur une méditation que j’ai lue quelque part – sur l’amour et la miséricorde qui ne jugent pas.

Comment est ce que nous agissons dans la vie quotidienne ? Souvent nous jugeons ceux qui nous entourent et nos jugements sont rapides et sévères, se basant sur un examen sommaire de faits. Parfois nous prétendons connaître les intentions de ceux que nous jugeons, sans nos préoccuper par leurs expériences, leurs blessures, de l’état de leurs cœur.  Mais, avec certitude nous ne savons que nos propres péchés et notre manque de sincérité. Comment nous osons supplier Dieu de nous pardonner, si nous ne sommes prêts à pardonner à ceux qui nous ont offensés, si nous continuons à les considérer avec un cœur de pierre ?

Revenons à l’Evangile de Jean. 
Jésus demande de nous que nous fassions un examen de conscience. Il lance le défi aux pharisiens et de nouveau il s’abaisse – on aurait pu l’agresser, le donner des coups, le tuer sur place ! Jésus continue paisiblement à écrire sur le sol, tandis que les accusateurs disparaissent l’un après l’autre. 
Ce mouvement du Christ reflète l’attitude de Dieu vis-à-vis nous – Dieu ne s’impose pas, mais quand on l’interpelle, il se met a notre hauteur …
Ensuite il se lève pour constater qu’il n’y a plus d’accusateurs.  Et c’est en ce moment qu’il parle avec la femme adultère.  Face à cette pécheresse, il lui redonne sa dignité et l’appelle « Femme » -- comme il avait appelé sa propre mère aux noces de Cana (Jean 2, 4). C’est un signe de respect.
En un mot, en un regard, il délivre cette femme adultère de sa faute, il ne l’enferme pas dans son péché.  Expressis verbis il lui dit « Je ne te condamne pas », il lui montre qu’il partage notre humanité sans se mettre au-dessus des autres. Or, Jésus n’est pas venu au monde pour faire appliquer une loi pénale caduque et une morale pharisienne.
Et après avoir montré à cette femme qu’elle restait digne, Jésus lui dit simplement: « Va » -- c'est-à-dire, continue ta vie, continue à avancer, ne reste pas engluée dans ton passé ou prisonnière de la faute. Ce « Va » est une délivrance – comme l’absolution chez les Catholiques. 
Et pour finir, Jésus lui demande de ne plus pécher. Il rappelle à la femme qu’elle a commit une faute grave et qu’il lui revient désormais de ne plus y tomber.  Elle a donc la responsabilité, comme nous tous, d’être conscients de nous fautes, de nos injustices, de nos péchés, et de nous corriger. 
AdeZ

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